Entrevue avec Antoine Desjardins, chef des opérations (COO) de Tink
20 ans à naviguer dans le changement, sans perdre le cap
Témoin privilégié de l'évolution de Tink, Antoine Desjardins a vu l'entreprise passer de 32 à près de 200 employés en deux décennies! Chef des opérations depuis 2024, ce précieux joueur d'équipe nous dévoile les secrets d'une longévité remarquable dans un monde numérique en constante mutation.
Tout d'abord, peux-tu nous raconter ton arrivée chez Tink et les raisons qui font que tu y es encore aujourd'hui?
Quand j'ai commencé ma carrière en 1997, je me promenais partout dans le monde et je prenais l'avion environ 200 fois par année. Puis j'ai un petit bonhomme qui est né, et je me suis dit que je devais m'ancrer à Montréal. J'ai eu la chance de rencontrer Jocelyn (Couture) pendant cette période, et je suis arrivé dans une entreprise de 32 personnes qui s'appelait Concept S2i, qui est devenue S2i Web, puis Tink.
Si je suis encore là 20 ans plus tard, c'est en grande partie en raison de la connexion avec les gens. Tink me donnait également beaucoup d'autonomie et de liberté, en plus d'être très axée sur le service client et la livraison de solutions qui fonctionnent pour vrai. C'était dans l'ADN de l'entreprise à mon arrivée, et ça l'est encore aujourd'hui.
Selon toi, quel est le facteur de succès qui explique la longévité de Tink?
C'est une combinaison de 3-4 ingrédients. D'abord, la confiance qu'on développe auprès de notre clientèle en livrant les projets un à la fois. Ensuite, notre expertise et les relations authentiques qu'on développe avec nos clients : nous avons un réel désir de les comprendre et de répondre à leurs besoins d'affaires.
Derrière tout ça, il y a une équipe désireuse de livrer des solutions de qualité qui font une réelle différence pour les entreprises. Tout le monde chez Tink est aligné là-dessus, et c'est ce qui fait en sorte qu'on dure depuis si longtemps.
Quelle est la relation d'affaires la plus ancienne que vous avez et comment expliques-tu une telle durabilité?
Il y a Desjardins et Metro depuis plus de 15 ans, VIA Rail depuis plus de 10 ans… Ces relations à long terme s'expliquent par notre engagement de toujours être là, avec le même niveau de qualité et le même désir de réaliser quelque chose avec nos clients.
Dans le cadre de nos projets, il n'y a pas d'entreprises : il y a d'abord des gens avec qui on veut livrer quelque chose. L'idée, c'est de former une seule grande équipe, humaine, liée par un même objectif commun. Et en plus, on le fait dans le plaisir!
Quelle place prend le plaisir dans votre succès?
Notre vie professionnelle, c'est de résoudre des problèmes. Donc, si tu vois les problèmes comme des problèmes, ça ne va pas bien! Mais si tu les vois comme des défis à résoudre, tu vas avoir pas mal plus de fun!
Le plaisir est dans l'humour, mais il est là aussi quand on se casse la tête. Quand on dit qu'on est des experts chez Tink, c'est parce que fondamentalement, on prend du plaisir à se creuser les méninges!
Quel est le liant qui unit votre équipe, vos clients, et les clients de vos clients?
Ces trois groupes sont tous liés par une ambition commune : celle de faire du numérique un levier structurant et durable. Nous partageons cet objectif avec nos clients. Cet alignement nous permet d'accompagner les organisations dans une direction claire. On définit la destination, on plante le repère, puis on avance ensemble. Ça peut parfois prendre un an, deux ans, trois ans, mais on a toujours la certitude qu'on est sur la bonne voie.
Dans ce contexte-là, que fais-tu au quotidien en tant que chef des opérations (COO)?
Si on voulait rire, on dirait que je ne fais pas grand-chose, parce que c'est les équipes qui font tout! Blague à part, mon rôle, c'est de m'assurer qu'on a toutes les bonnes ressources au bon endroit pour se rendre à destination. Évidemment, je le fais plus dans un contexte de « fine-tuning », parce que généralement, l'équipe derrière moi l'a déjà fait. Je me vois surtout comme un facilitateur qui donne les moyens à l'équipe de livrer la promesse.
L'avantage d'œuvrer dans une entreprise à taille humaine comme Tink, c'est que je peux toujours prendre le temps de m'informer des objectifs de chaque client auprès des équipes stratégiques pour m'assurer que tout le monde est en mesure de se rendre à bon port.
Quel est l'aspect qui t'anime le plus dans ton rôle?
La principale chose, c'est de travailler avec des gens aux profils variés; on a une belle diversité d'expertises, de personnalités et d'origines chez Tink! De savoir qu'on est près de 200 réseaux/familles à graviter autour de l'entreprise, c'est hyper stimulant, et ça me motive à me lever le matin!
Quelle est la principale distinction de Tink sur le marché?
Je vais le dire d'une façon drôle, mais c'est le fait qu'on n'a pas lâché! On n'a jamais abandonné l'idée de marier la technologie et le marketing, et on a accepté qu'il puisse y avoir différentes façons de penser au sein de notre équipe, en autant qu'on soit capable d'harmoniser tout ça ensemble.
Cette capacité de vivre, de cohabiter et de réunir tous les métiers du Web sous un même toit, c'est ce qui définit un vrai « one-stop shop », qui amène de la valeur aux entreprises. Et en plus, ça me fait tripper!
Selon toi, quel est le plus grand défi numérique pour les organisations?
Ne pas se tanner, ne pas s'essouffler et toujours embrasser la nouveauté! Il y a toujours eu des bouleversements dans le monde du numérique. Hier, c'était les médias sociaux, aujourd'hui c'est l'intelligence artificielle… Pour chacun de ces jalons, il a fallu faire preuve de leadership tout en prenant un pas de recul. Plutôt que de voir ça comme un « buzz », on s'est toujours demandé comment se servir de ces nouvelles technologies pour générer de la valeur. Pour nous, ces outils servent à atteindre des objectifs d'affaires, pas des objectifs technologiques.
Le numérique s'est toujours réinventé, et il faut constamment trouver comment on peut en tirer le meilleur. Parfois, la seule solution, c'est de mettre nos peurs de côté et de se lancer!
Comment arrivez-vous à accompagner les entreprises dans tous ces grands changements que tu viens d'évoquer?
On a vraiment un rôle d'accompagnement et d'orientation. Tantôt, je disais qu'il fallait planter la pôle puis s'y rendre, mais parfois, il faut la déplacer parce qu'il y a quelque chose de nouveau qui s'est ajouté en cours de projet. Ça implique de changer la trajectoire, sans paniquer, et en restant dans l'axe visé. La destination est généralement la bonne, mais les moyens pour s'y rendre peuvent changer.
Comment vois-tu Tink évoluer dans les 10 prochaines années?
Si j'avais une baguette magique, j'aimerais bien donner un petit coup d'accélérateur au Québec dans son adoption des technologies : c'est une grosse partie de notre mission! En même temps, je pense que le Québec commence à être un peu étroit pour Tink, donc une expansion géographique fait définitivement partie de notre plan de match.
Les vagues technologiques arrivent de plus en plus vite, et il ne sera pas toujours possible de les intégrer de façon organique; parfois, la solution passera par des acquisitions pour densifier notre offre tout en conservant nos talents. Notre récente fusion avec Click & Mortar en est un excellent exemple.
Est-ce que la diversité est un facteur de succès pour construire?
C'est bien plus qu'un facteur de succès, c'est carrément une nécessité!
Faire travailler toutes sortes de profils constitue le cœur de notre réussite. Si tu ne le fais pas, tu as des angles morts et tu es dans une chambre d'écho! C'est en confrontant les points de vue et en faisant des compromis qu'on finit par trouver la meilleure solution pour tout le monde.
Qu'est-ce qui te rend le plus fier après 20 ans chez Tink?
Toutes les relations de confiance que j'ai tissé, à l'interne comme à l'externe. Je me suis bâti un beau réseau de clients et de partenaires d'affaires au fil des années, et c'est ma plus grande fierté, même si je ne suis pas tout seul là-dedans!
Autre élément qui me rend fier : je ne pense pas qu'il y ait eu un seul moment en 20 ans où je n'ai pas eu envie de venir travailler.
Que donnerais-tu comme conseils à la prochaine génération de leaders chez Tink?
Au risque de me répéter, je leur dirais de marier tous les talents, d'accepter tous les points de vue, de trouver l'équilibre et de le maintenir. J'insisterais aussi sur l'importance de toujours placer les besoins de nos client(e)s avant les nôtres!
Pour conclure, une petite question plus personnelle : quel a été ton tout premier vrai contact avec la technologie?
Si on oublie le lecteur VHS de mon enfance, mon premier vrai contact avec la technologie s'est déroulé dans une salle d'opération, lorsque j'étais représentant commercial pour une entreprise de solution d'assistance chirurgicale par ordinateur. Ce jour-là, j'ai vu un chirurgien utiliser un écran pour rentrer une vis dans un trou de deux pouces par un pouce et demi dans le dos d'un patient. À ce moment-là, j'ai compris la vraie utilité de la technologie!