Budget fédéral 2025 : de nouvelles opportunités pour la souveraineté numérique du Canada
Plusieurs nouveaux investissements dans la souveraineté numérique des entreprises canadiennes sont prévus dans le dernier budget fédéral de 2025, y compris une injection supplémentaire de 925,6 millions de dollars sur cinq ans dans la Stratégie canadienne sur la capacité de calcul souveraine pour l’IA. Ce virage représente une belle opportunité pour les entreprises de rapatrier leur intelligence d'affaires et de reprendre le contrôle de leurs données numériques.
Depuis trop longtemps, le commerce électronique canadien opère sous une menace silencieuse : la dépendance à des infrastructures américaines. En effet, les informations de bon nombre d'entreprises transitent par des serveurs étrangers souvent régis par le CLOUD Act américain. Heureusement, les investissements dans la souveraineté numérique du Canada mettent un frein à cette tendance.
Voici cinq investissements du récent budget fédéral qui changent la donne pour les entreprises d'ici.
1. La création d'un nuage souverain pour les données stratégiques canadiennes
Au cœur du budget fédéral se trouve le déploiement d'un réseau national de superordinateurs : une sorte de « nuage souverain » déployé avec la participation de consortiums canadiens comme Bell, TELUS et Calcul Québec. C'est une véritable révolution pour les dirigeant(e)s technologiques qui, jusqu'à tout récemment, devaient choisir entre une solution performante hébergée aux États-Unis ou une option locale plus coûteuse et technologiquement inférieure.
Ce dilemme entre performance et sécurité affectait notamment les organisations désireuses d'intégrer l'intelligence artificielle (IA) générative à leurs processus, surtout dans des secteurs très réglementés. Pour des institutions financières comme Desjardins ou la Banque Nationale, déployer des assistants virtuels intelligents ou des outils d'analyse prédictive signifiait d'envoyer les données sensibles de leur clientèle vers des serveurs américains soumis à des juridictions étrangères. Idem pour les entreprises pharmaceutiques comme Jean Coutu qui souhaitaient automatiser leurs conseils santé ou personnaliser le suivi des patient(e)s.
Grâce aux récents investissements fédéraux dans la souveraineté numérique canadienne, les entreprises d'ici peuvent compter sur une infrastructure de pointe hébergée à Montréal ou à Sherbrooke et alimentée par notre hydroélectricité. Elles bénéficient ainsi d'une puissance de calcul rivalisant avec les géants américains tout en respectant la Loi 25 québécoise sur la protection des renseignements personnels et en gardant leurs données en sol canadien. Fini les compromis!
2. Des modèles d'IA qui comprennent vraiment le marché québécois
Les modèles d'intelligence artificielle génériques comme GPT-4 ou Gemini sont majoritairement entraînés avec des données américaines. Résultat : ces agents conversationnels « pensent » et recommandent à l'américaine, créant un décalage avec le marché québécois et nuisant à la découvrabilité des entreprises locales.
Prenons l'exemple d'une personne qui demande à un assistant virtuel : « Quel est le meilleur équipement pour ma motoneige au Saguenay? » Un modèle d'IA standard, nourri de forums et de sites américains, lui suggérera des pièces populaires aux États-Unis, ignorant totalement l'inventaire de fabricants québécois comme BRP. Cette même personne du Saguenay qui magasine des vêtements en ligne sur le site d'un détaillant québécois pourrait aussi se faire recommander des marques américaines en promotion aux États-Unis plutôt que des options locales plus adaptées à sa réalité.
Avec une infrastructure souveraine canadienne, il devient possible d'entraîner ses propres modèles d'IA, avec des données authentiquement québécoises. Les entreprises d'ici peuvent maintenant compter sur des assistants virtuels qui connaissent leurs produits, comprennent leur clientèle et reflètent vraiment la réalité locale. Une bonne façon de reprendre le contrôle de son narratif commercial!
3. Un Fonds qui transforme les dépenses d'exploitation en investissements stratégiques
Le budget fédéral 2025 investit également près de 300 millions de dollars dans la création d'un Fonds d'accès à une capacité de calcul pour l'IA afin d'aider les organisations canadiennes à accéder à la puissance informatique nécessaire au développement de solutions d'intelligence artificielle. Et contrairement à certaines idées reçues, ce programme n'est pas réservé aux startups : toute entreprise locale et innovante peut en bénéficier! Précisons toutefois qu'en raison de son énorme succès, ce Fonds n'accepte plus de nouvelles demandes pour le moment.
La mise en place d'un tel Fonds constitue un changement de paradigme majeur pour bien des organisations! En effet, l'entraînement de modèles d'IA représente habituellement une dépense d'exploitation (OPEX) considérable, souvent facturée en dollars américains par des géants comme Amazon Web Services (AWS) ou Azure. Sans oublier tous les risques liés aux fluctuations du taux de change! Désormais, les entreprises locales peuvent accéder à des subventions gouvernementales pouvant couvrir jusqu'à 67 % des coûts de certains projets, sous certaines conditions, rendant l'équation financière nettement plus avantageuse.
Concrètement, cette mesure ouvre la porte à des projets d'envergure et autrefois inaccessibles comme :
- l'optimisation de flotte en temps réel pour les entreprises de transport comme Groupe Robert ou Logistec;
- la maintenance prédictive des équipements industriels;
- l'analyse de risque et la détection de fraude pour les institutions financières;
- un contrôle de qualité automatisé dans les usines;
- une personnalisation avancée de l'expérience client pour le commerce de détail
Ce qui était autrefois perçu comme une dépense prohibitive pour les entreprises devient maintenant un actif stratégique subventionné, réduisant considérablement les risques financiers des projets d'innovation les plus ambitieux.
4. Une accélération réglementaire qui fait gagner du temps et de l'argent
Au-delà du financement, le budget fédéral s'attaque aussi à un autre grand ennemi de l'innovation : la bureaucratie. Le nouveau Bureau des grands projets prévoit se donne notamment pour objectif de faire passer de 3 ans à 18 mois les délais d'approbation pour la mise en place d'infrastructures critiques en intelligence artificielle. Une telle initiative facilitera la réalisation de plusieurs projets technologiques majeurs pour les entreprises en soif d'innovation, comme la construction de centres de données alimentés à l'énergie renouvelable ou le déploiement d'infrastructures massives d'objets connectés pour une organisation comme Hydro-Québec et sa filiale Hilo.
Dans un contexte où la rapidité d'exécution détermine souvent qui domine le marché, cette accélération bureaucratique est essentielle pour assurer la souveraineté numérique canadienne tout en demeurant concurrentiel.
5. Une « superdéduction » en faveur de l'innovation
Le budget fédéral 2025 stimule la modernisation et l'automatisation en accordant une « superdéduction » fiscale aux entreprises qui investissent dans leur productivité. Pour le secteur manufacturier québécois, c'est une incitation majeure à moderniser ses opérations et à intégrer l'intelligence artificielle.
Grâce à cette mesure fiscale, il devient plus facile pour des entreprises comme Premier Tech ou Kruger d'intégrer l'IA dans les chaînes de production des entreprises, qu'il s'agisse de contrôle qualité par vision numérique, de maintenance prédictive ou d'autres formes d'automatisation. Cette approche répond aussi à la pénurie de main-d'œuvre qui frappe le Québec en misant sur l'intelligence artificielle pour pourvoir les postes vacants et augmenter la valeur ajoutée de chaque employé.
La souveraineté numérique du Canada : de l'ambition à la réalité
En plus d'aider les entreprises québécoises et canadiennes à assurer leur pérennité, le récent budget fédéral leur donne aussi les moyens de contre-attaquer et de reprendre le contrôle de leur avenir numérique.
Plus besoin d'envoyer ses données aux États-Unis pour obtenir la puissance de calcul requise pour créer son modèle d'intelligence artificielle! Aujourd'hui, un nuage souverain nous offre cette capacité en sol canadien, permettant d'industrialiser des modèles d'IA propriétaires, entraînés sur nos données, roulant sur nos infrastructures et à un coût compétitif par rapport aux géants américains.
La balle est maintenant dans le camp des conseils d'administration du Québec Inc. qui auront un choix à faire : continuer de sous-traiter leur intelligence d'affaires ou la rapatrier pour de bon. L'infrastructure souveraine est en place, les fonds et les incitatifs fiscaux sont sur la table, et les délais réglementaires sont raccourcis. Il ne reste plus qu'à saisir l'occasion!
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